Le livre et son impact communautaire
Le livre. Cet objet modeste qui referme entre ses pages des mondes entiers : des savoirs, des histoires, des voix venues d'ailleurs et d'un autre temps. À travers les siècles, il a porté le génie de personnalités extraordinaires et préservé la mémoire de civilisations lointaines, parfois oubliées, qui n'ont trouvé refuge que dans le silence de ses pages. Qu'il prenne la forme du papier que nous chérissons tous avec une pointe de nostalgie ou celle, plus moderne, du numérique et de l'audio, le livre continue de vivre et de faire vivre.
Et pourtant, il reste un absent de marque dans de nombreux foyers, en particulier auprès des enfants et de certaines communautés. Des bibliothèques trop peu fournies, un niveau de lecture parfois insuffisant pour percer ces mystères : autant d'obstacles qui privent une partie de la jeunesse d'un droit fondamental. Alors, quelle valeur accordons-nous réellement au livre dans nos communautés ? Et surtout, comment faire vivre cet héritage pour les générations à venir ?
Un désert littéraire aux racines profondes
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l'UNESCO, environ 5 milliards de livres sont publiés chaque année dans le monde. Mais l'Afrique ne représente que 1,4 % de cette production mondiale, un continent laissé en marge de ses propres récits. En Côte d'Ivoire, cette rareté se ressent jusque dans les salles de classe. Les bibliothèques scolaires sont presque inexistantes dans les écoles primaires et secondaires du pays, et un reportage de LCI en 2018 estimait à une trentaine seulement le nombre de bibliothèques sur tout le territoire.
Malgré le poids symbolique de figures tutélaires comme Bernard Binlin Dadié, Régina Yaou ou Ahmadou Kourouma de grands noms de la littérature ivoirienne, plusieurs facteurs ont continué de freiner l'émergence d'une véritable industrie locale du livre. L'accord de Florence de 1950, qui exonère les livres de droits de douane, combiné à l'afflux de dons en provenance d'Europe, a paradoxalement réduit les incitations à produire et à distribuer localement. Le livre arrive de l'extérieur ; il pousse difficilement de l'intérieur.
Les actions menées
Dans les écoles, au-delà de la puissance bien installée de l'industrie du manuel scolaire, c'est bien de bibliothèques vivantes et fournies dont les élèves ont besoin. Heureusement, le secteur ivoirien du livre et de l'édition connaît un vrai renouveau. Des événements culturels comme le Salon International du Livre d'Abidjan (SILA) contribuent à rapprocher le livre du grand public et à lui redonner sa place dans le quotidien des Ivoiriens.
Dans cet élan, la Fondation Lady Jeanne ne reste pas en retrait. Depuis sa création, elle a fait don de plus de 1 500 livres au Lycée Charles Koffi Diby et au Collège Moderne de Bouaflé, ainsi que d'une bibliothèque complète entre 2012 et 2014. Plus récemment, le 14 février 2026, la fondation a offert plusieurs romans au Lycée Moderne de Pépressou, un geste de plus dans une longue série d'actions concrètes en faveur de la lecture.
La Fondation Lady Jeanne l'a bien compris, l'éducation et le livre ne sont pas un luxe, mais une urgence. Enrichir les écoles en savoir, c'est contribuer, tous ensemble, à l'épanouissement des enfants et à l'essor d'une génération entière.
Car chacun de nous, à sa mesure, a le pouvoir de poser un livre sur l'étagère d'une communauté, d'un quartier, d'une école et d'y allumer, peut-être, la prochaine grande vocation littéraire de demain.




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