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ECOSOFEMME – L'économie solidaire au service des femmes

Photo du rédacteur: fondationladyjeann
fondationladyjeann
6 juil.
3 min de lecture

La réalité est aujourd'hui sans appel : les femmes représentent une part majoritaire du secteur informel en Côte d'Ivoire. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?


 Les femmes exerçant une activité commerciale non enregistrée et non soumise à l'impôt représentent un immense potentiel économique inexploité par la société, estimé à plusieurs centaines de milliards de francs CFA annuellement. Leurs activités sont diverses commerce de vivriers, transformation de produits alimentaires, galettes, couture, services à domicile mais insuffisamment valorisées et freinées par des facteurs systémiques tels que le manque d'accès au financement, l'analphabétisme et la précarité. Cette précarité s'inscrit dans un cercle vicieux dans lequel l'activité ne peut pas produire de rendement suffisant pour devenir une source d'enrichissement : elle reste une activité de subsistance. C'est précisément là que le financement par l'économie solidaire s'impose comme une solution pour les femmes. Les tontines, fonds communs et systèmes d'épargne collective constituent des mécanismes par lesquels les femmes peuvent accéder à un financement capable de rendre leurs activités rentables. Comment l'économie solidaire peut-elle briser ce cycle et transformer durablement la vie des femmes ?


Les données publiées par la Banque mondiale via le Global Findex révèlent une progression globale de l'inclusion financière en Côte d'Ivoire, dont le taux est passé de 41 % en 2017 à 51 % en 2021. Pourtant, derrière cette avancée se cache une réalité préoccupante pour les femmes : sur la même période, leur taux d'inclusion financière n'a progressé que d'un seul point, passant de 36 % à 37 %. Pendant ce temps, le taux masculin bondissait de 47 % à 64 %, faisant passer l'écart entre hommes et femmes de 11 à 27 points en l'espace de quatre ans seulement. Ce fossé grandissant interroge en profondeur la capacité des produits et services financiers existants à répondre aux besoins réels des femmes, notamment en matière d'accès au crédit, d'utilisation effective des outils financiers et de développement de leurs activités économiques. Face à ce constat, l'APIF-CI a engagé une étude diagnostique visant à mieux comprendre les obstacles sociologiques et culturels qui freinent l'adhésion des femmes aux services financiers formels, tout en incitant les institutions financières à adapter leurs offres à une clientèle féminine qui demeure, dans sa grande majorité, en dehors du système financier formel.

Le manque d'accès au financement empêche les femmes de faire croître leurs activités génératrices de revenus en constituant une barrière claire à l'acquisition d'outils et d'équipements : engins de récolte, matériel informatique, ou simples équipements de conservation tels que des congélateurs ou des emballages de qualité. Bien qu'il existe des programmes nationaux et internationaux en faveur de l'insertion économique des femmes, un vide important subsiste en matière de financement, d'accès au crédit et d'accompagnement structuré. Ces lacunes exacerbent les inégalités de genre en termes d'opportunités économiques. C'est dans ce contexte qu'interviennent les Associations Villageoises d'Épargne et de Crédit (AVEC), un système de financement communautaire pratiqué par de nombreux groupes de femmes pour financer mutuellement leurs projets. Le fonctionnement des AVEC repose sur des cotisations hebdomadaires sous forme de parts, dont la valeur minimale est fixée par l'assemblée générale en tenant compte de la personne la plus démunie du groupe, garantissant ainsi l'accès aux membres les plus vulnérables. Néanmoins, si cette autonomie constitue une force opérationnelle indéniable, elle représente aussi une limite structurelle : les membres, notamment les femmes, n'accèdent pas pour autant au système bancaire formel. Elles ne construisent pas d'historique de crédit, n'obtiennent pas de compte bancaire, et restent invisibles pour les institutions financières officielles, freinant ainsi une véritable inclusion financière durable.

Les nouvelles technologies mises à disposition des femmes à travers le mobile money ont permis de franchir un pas important vers leur inclusion financière. Des opérateurs tels que Wave et MTN ont simplifié les démarches en proposant des applications intuitives et un enregistrement accessible, permettant aux femmes de disposer de leurs fonds rapidement. Cependant, cette avancée reste incomplète en l'absence d'une éducation financière structurée et de mécanismes d'épargne adaptés, qui leur permettraient de consolider leurs revenus et d'investir sur le long terme.

Que vient proposer ECOSOFEMME ?

Face à ces défis structurels, la Fondation Lady Jeanne propose ECOSOFEMME ou  l'Économie Solidaire des Femmes  avec un objectif clair : offrir aux femmes un accès durable au financement de leurs activités.

ECOSOFEMME ne se limite pas à un mécanisme de prêt ponctuel. Adossé au soutien de partenaires internationaux, le programme ambitionne de combiner accès au crédit, éducation financière et accompagnement sur le long terme, afin de doter les femmes actives des ressources et des connaissances nécessaires pour pérenniser leurs activités. Car financer une femme, c'est financer une famille, une communauté, un avenir. ECOSOFEMME croit que l'autonomisation économique des femmes n'est pas un enjeu de charité, mais un levier de transformation sociale et de croissance inclusive pour toute la Côte d'Ivoire.


 
 
 

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